Option Occitan

folderL’ouverture à l’Europe ne s’oppose pas, bien au contraire, à une redécouverte de ses racines. L’option Occitan du lycée fait vivre cette langue romane par la communication, le goût et le plaisir de mieux vivre la région sud de la France.

Présentation de l’option Occitan

Option Occitan du lycée Montesquieu - BordeauxLe lycée Montesquieu est le seul lycée de Bordeaux à offrir la possibilité d’apprendre l’Occitan, langue de cette ville jusqu’au XXe siècle et qui est toujours en usage en Gironde et dans les 32 départements du sud de la France.

Parfois désigné par le terme (tantôt péjoratif, tantôt affectif) de “patois”, l’Occitan est aussi connu sous le nom de Gascon qui correspond à la variante dialectale parlée dans la majeure partie de l’Aquitaine.

C’était donc la langue d’Aliénor, de Montaigne et de Montesquieu. Mauriac la comprenait à défaut de la parler.

Par ailleurs la richesse de la littérature occitane (un prix Nobel en 1904) est connue depuis le XIe siècle et des écrivains contemporains sont traduits dans plusieurs langues.

Contenu des enseignements

Option Occitan du lycée Montesquieu - BordeauxAu lycée Montesquieu, la langue occitane est choisie comme troisième langue vivante (option obligatoire ou option facultative) dès la classe de seconde. L’enseignement est de 2 à 3 heures hebdomadaires (3 heures en seconde).

En classe de seconde, l’apprentissage d’une troisième langue vivante peut s’effectuer soit dans le cadre d’un enseignement facultatif, soit d’un enseignement d’exploration. Il s’adresse à des élèves qui, du fait de leur âge, ont en général une meilleure capacité d’observation, de réflexion, de conceptualisation, et ont déjà acquis au cours de leur scolarité :

  • des connaissances sur le fonctionnement des langues ;
  • des stratégies d’apprentissage et des méthodes de travail ;
  • une plus grande maturité qui les pousse à s’intéresser à des aspects de civilisation plus diversifiés, à des thèmes touchant directement aux réalités actuelles.

Ce sont autant d’atouts qui, joints à un désir de découvrir de nouveaux espaces, de se doter de moyens pour une plus grande mobilité dans un monde globalisé, et y communiquer effectivement, faciliteront les apprentissages et permettront d’inscrire cet enseignement dans une progression plus rapide, rendant les acquis plus immédiatement utilisables.

La LV3 Occitan offre à chacun l’occasion d’élargir son répertoire linguistique dans une palette diversifiée qui fait toute leur place aux langues moins présentes en LV1 et LV2. L’élève qui entreprend l’étude d’une troisième langue manifeste souvent pour celle-ci un intérêt personnel particulier, déterminé par ses acquis scolaires antérieurs, parfois son histoire familiale, ou sa curiosité intellectuelle. Dans tous les cas il s’agit d’apports positifs sur lesquels il convient de s’appuyer. Ces acquis scolaires ou extrascolaires ont forgé des compétences linguistiques et culturelles que l’élève peut réinvestir dans l’apprentissage de la troisième langue. Le transfert de ces capacités n’est certes pas automatique. Le professeur s’efforce d’en tirer parti ou de le susciter.

Le lexique et la grammaire font l’objet d’une progression raisonnée et programmée. Le lexique donne lieu à un apprentissage systématique. De même que pour la grammaire, on distinguera le lexique qui doit être acquis, mémorisé - pour être réutilisé - du lexique qui n’est vu qu’en reconnaissance, et qui ne sera repris qu’ultérieurement. Les mots retenus sont regroupés par thèmes ou par champs, et toujours découverts en contexte, ou dans des situations de communication.

Il en va de même de la grammaire, qui n’est jamais abordée ex abrupto ni présentée de façon exhaustive à ce niveau d’apprentissage. Là aussi la distinction est opérée entre les faits qui doivent être explicités – pour être réutilisés - et ceux dont l’explicitation – partielle et progressive - sera différée au jour où l’élève aura intégré intuitivement de lui-même le mécanisme mis en oeuvre empiriquement.

L’élève sera plus rapidement initié à l’utilisation d’outils tels que le dictionnaire et la grammaire, pour lui permettre de développer une activité autonome. Le contenu et l’intérêt culturel des supports - authentiques, de nature et de longueur variables, éventuellement adaptés - permettent d’effectuer dans des conditions plus naturelles et plus motivantes l’apprentissage linguistique, en même temps que l’initiation aux sociétés où la langue est parlée. L’entrée culturelle « l’art de vivre ensemble » offre pour les troisièmes langues une approche particulièrement propice des réalités les plus immédiates et sensibles de ces sociétés.

Épreuves du baccalauréat

Les modalités d’examen au baccalauréat sont identiques à celles d’une langue vivante étrangère. Pour l’épreuve facultative, les points au dessus de la moyenne comptent double si l’occitan est la première option facultative choisie par l’élève.

Épreuve orale d’occitan LV 3
(spécialité en série L ou facultative en séries L, ES, S et STG)

Temps de préparation : 10 minutes
Durée : 20 minutes

Niveau attendu en référence à l’échelle de niveaux du icon-external-ink CECRL : A2 « niveau intermédiaire ou usuel ».

L’examinateur établit son évaluation à partir de la icon-download-link fiche d’évaluation de cette épreuve (Bulletin Officiel n°4 du 23 janvier 2014).

Le candidat présente à l’examinateur la liste des notions du programme qu’il a étudiées dans l’année et les documents qui les ont illustrées.

Les icon-external-ink textes de cette liste représenteront un volume global d’une quinzaine de pages. À ces textes peuvent être ajoutés des documents iconographiques. L’examinateur choisit l’une de ces notions. Après 10 minutes de préparation, le candidat dispose d’abord de 10 minutes pour présenter cette notion.

Cette prise de parole en continu sert d’amorce à une conversation conduite par l’examinateur, qui prend appui sur l’exposé du candidat. Cette phase d’interaction n’excède pas 10 minutes.

Dispositions communes aux épreuves de langues

Toutes les épreuves doivent être conduites dans un esprit positif, en mettant le candidat en situation de confiance et en évitant de le déstabiliser.

Pour chaque épreuve, l’examinateur établit son évaluation à partir de celle des fiches d’évaluation qui correspond à la langue (LV1, LV2, LV3), à la nature et au statut de l’épreuve (épreuve orale obligatoire, enseignement de spécialité, enseignement obligatoire de littérature étrangère en langue étrangère, enseignement facultatif).

Dans tous les moments d’expression orale en langue étrangère, il est attendu du candidat qu’il s’exprime clairement dans une gamme de langue suffisamment étendue pour pouvoir décrire, donner brièvement des justifications ou des explications et développer une argumentation. On valorisera la capacité à varier la formulation. Le candidat devra pouvoir communiquer avec une aisance raisonnable dans une langue simple. Il devra s’exprimer dans une langue grammaticalement acceptable en fonction du niveau d’exigence de l’épreuve et avoir acquis une prononciation claire et une intonation pertinente. Pendant la phase de prise de parole en continu, l’examinateur doit laisser le candidat aller au bout de ce qu’il souhaite dire, même si sa présentation comporte quelques hésitations, voire de brefs silences.

Dans les épreuves où les candidats apportent des documents, ils fournissent deux exemplaires des documents qui ne sont pas pris dans un manuel scolaire. Si les candidats ne présentent aucun document, l’examinateur le mentionne au procès-verbal et propose aux candidats plusieurs documents entre lesquels il leur demande de choisir.

Perspectives de la langue occitane

Option Occitan du lycée Montesquieu - BordeauxLa maîtrise de l’occitan, comme celle d’autres langues romanes, entraîne un accroissement de la faculté de parler avec un langage varié en français.

Le français, notamment, a emprunté de nombreux mots d’origine occitane. Cependant, certains dictionnaires français sont mal renseignés au sujet de l’occitan. Ils peuvent se tromper d’origine ou de date d’apparition des termes. En fait, il ne faut pas oublier que l’occitan a servi de zone linguistique de transmission de termes venus du Sud de l’Europe ou du Maghreb.

Le français est la seule langue officielle en France mais l’article 75-1 de la Constitution reconnait que « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ».

Le dictionnaire d’occitan usuel comporte environ 50 000 à 60 000 mots, comme pour le français, mais on a aussi pu avancer des chiffres aussi élevés que 450 000 mots, ce qui est donné comme comparable à l’anglais.

L’IEO (Institut d’Estudis Occitans) œuvre depuis 1945 pour la défense et la promotion de la langue occitane. Son action est responsable en grande partie de la sauvegarde et du développement de l’occitan. Il intervient dans :

  • la recherche,
  • les études, colloques et publications,
  • la promotion de l’enseignement de l’occitan,
  • la formation (stages, rencontres d’été, etc.),
  • les centres de vacances jeunesse,
  • les arts plastiques (expositions),
  • la musique,
  • l’édition : l’IEO est le plus gros éditeur de langue d’oc avec ses collections (prose, poésie, vulgarisation, livres pour les enfants ,etc.).

De plus, les sections régionales et départementales de l’IEO, les Cercles occitans locaux participent à l’animation et à la vie culturelle du pays. Si on prend le cas du Cantal, on peut citer des auteurs comme Félix Daval, Terésa Canet, Daniel Brugès ou Joan Fay qui ont publié de nombreux textes tant dans les revues que dans des livres personnels.

En 1951, la loi Deixonne autorise l’enseignement de l’occitan dans les établissements scolaires en France. Cette loi sera complétée ensuite par la création d’un CAPES (Certificat d’aptitude pédagogique à l’enseignement secondaire) d’occitan en 1991, bien que le nombre de postes proposés soit en-dessous des besoins et de la demande.

Ces dernières années deux grandes manifestations unitaires pour la langue occitane ont rassemblé 12 000 personnes environ à Carcassonne en octobre 2005 et 2 000 personnes environ à Béziers en mars 2007. Des gens de toutes tendances politiques et de tous dialectes occitans ont ensemble réclamé à ces deux occasions une plus grande reconnaissance des pouvoirs publics pour la langue occitane, une présence amplifiée de la langue dans les médias publics et un accès facilité à l’apprentissage de la langue à l’école publique.

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