Prix Lycéen de l'Escale du Livre 2017

Pour sa 2e édition, le « Prix Lycéen de l’Escale du Livre » a sélectionné les 3 ouvrages suivants :

14 Juillet
Éric Vuillard
Police
Hugo Boris
Tropique de la violence
Nathacha Appanah

• Le Prix Lycéen de l’Escale du Livre a été remis à l’auteur lors de icon-external-ink l’Escale du livre le dimanche 2 avril 2017.
• Pour en savoir plus sur l’organisation et le calendrier, consultez la rubrique icon-page-link Prix Lycéen de l’Escale du Livre.

Accompagnés de leurs professeurs, Mmes Baudorre, Goulet et Laville, les élèves des classes inscrites au PLEL 2017 (2des 7, 10, 11 et 12) se sont rendus à la Bibliothèque du Grand Parc pour une visite du lieu et une présentation des ouvrages en compétition.

fleche3Exposition au CDI

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Crédits photo : Dominique Dauriac

fleche3Extraits audio

PLEL 2017 vuillard 14 Juillet
Éric Vuillard


Voix : Karla, Manon, Lily, Angela, Viktoria.
PLEL 2017 vuillard Police
Hugo Boris


Voix : Amélie, Nina, Sahra.
PLEL 2017 vuillard Tropique de la violence
Nathacha Appanah


Voix : Estelle, Morgane, Enola, Léa.

fleche3Impressions littéraires

D’octobre 2016 à février 2017, les élèves ont lu les ouvrages en compétition et ont réalisé des travaux littéraires à partir de ces lectures sur les heures d’Accompagnement Personnalisé.

— Tropique de la violence

C’est le premier roman de Nathacha Appanah que je lis. Je ne connaissais rien de Mayotte, de la vie des habitants, des gangs d’adolescents qui font la loi, avalant ou fumant tout ce qui leur passe entre les mains, des guerres de territoires, de la violence omniprésente, de la police et les Organisations Non Gouvernementales dépassées. Il y a d’un côté les privilégiés et de l’autre une zone de non-droit que les gens ont surnommée Gaza, où il est plus facile de trouver de la drogue ou de l’alcool que de quoi manger, zone où règne en maître un chef autoproclamé, Bruce, comme Bruce Wayne, l’homme chauve-souris, super-héros qui en fait ne sait que dominer les autres. Cette histoire m’a donc touché, elle m’a appris des choses intéressantes sur la vraie dureté de Mayotte. La fin de l’histoire m’a marqué aussi, c’est une fin sublime mais effrayante où Moïse est dans la voiture des policiers : « Ils me cherchent, n’est-ce pas ? Le policier ne me répond pas ». Dans cette voiture il pense et se rappelle sa vie d’avant. Il a tout le monde contre lui, même si la police le protège pour l’instant du peuple de Gaza qui veut le tuer. C’est une fin tragique car il se retrouve seul. Il continue d’avancer : « …bientôt elle va croiser la route principale. A droite c’est Gaza, à gauche c’est le tribunal ». Lorsque Moïse arrive, il y a une émeute, les gens veulent sa peau : « MO ! Et les bâtons frappent le sol ». Alors il s’enfuit et va se laisser mourir dans la mer.
Dernière phrase du livre : « Je plonge dans la rade de Mamoudzou, je fends l’océan de mon corps souple, mon corps vivant et je ne remonte pas ». Une fin tragique mais belle car Moïse meurt dans cet océan qu’il aime. Il laisse finalement derrière lui toute cette haine et meurt en paix.
Je pense qu’à travers ce texte, Nathacha Appanah veut montrer l’abandon des DOM TOM en France. C’est pourquoi ce texte m’a vraiment plu grâce à son sens moral et à sa signification historique.

Par Alexandre, 2de 10.

Les élèves du lycée Montesquieu de 2de 7 et de 2de 12 ont donné la parole à cette voix que l’on entend entre les lignes du roman de Nathacha Appanah, ce fidèle compagnon qui épaulera Moïse tout au long de ce terrible et douloureux parcours initiatique.

Bosco

PLEL 2017 bosco louisÇa fait des heures que j’attends et je veux rentrer chez nous. C’était tellement bien à la maison. Je veux retrouver les caresses de Marie, je veux retrouver le jardin, je veux retrouver l’odeur des hibiscus, des noix de coco écrasées sur le sol. Ici, c’est noir, ça pue l’urine, ça pue le fioul. En plus, il y a ces deux personnes qui nous observent depuis tout à l’heure et je n’les sens pas du tout. Mec, t’es sérieux, tu ne les vois pas ? Moi, je les vois, je les sens. Ils puent le malheur, le désespoir, ils sentent la rage et leur cœur est noir, l’un plus que l’autre. Il avait les yeux couleur rubis et des plumes couleur de la nuit. Ça y est, ils s’approchent, regarde !
[…] Moïse et moi avions erré toute la journée. Nous avions enfin réussi à trouver un coin ombragé sur le parking du marché. Nous étions à bout de force. Nous avions attendu toute l’après-midi. Je ne savais pas pourquoi. Une odeur infâme m’emplissait les naseaux, des déchets jonchaient le sol. Je me sentais en sécurité avec Moïse. Il me nourrissait, il n’avait pas l’air très inquiet, seulement abattu par le chagrin. Le jardin me manquait terriblement. Désormais ma maison, mon chez moi, c’était Moïse, il ne me laisserait pas tomber. Cependant, je sentais comme un poids dans mon dos, le regard pesant et malsain d’un prédateur. J’avais la fâcheuse impression qu’on nous observait.
Soudain, deux grands types s’approchèrent de nous. Ils avaient l’air sale, leur odeur était insoutenable. Je pouvais aussi sentir l’agressivité suinter par toutes les pores de leur peau. Ils ont adressé la parole à Moïse sur un ton qui se voulait clairement dominant. Je n’aimais pas leur façon de s’en prendre à Moïse. Je leur aurais bien sauté dessus si j’avais pu, mais je me contentais de grogner, pour l’instant. Je ne comprenais pas ce qu’ils disaient. J’avais comme l’impression que celui qui avait l’air d’être le chef, était impressionné et méfiant. Je sentais la peur émaner de lui. Il portait la main à ses cheveux et la passait dans ses boucles encore et encore. Je m’appelle Bruce et je suis le chef de Gaza a-t-il dit. Une sirène retentit et dans la précipitation, nous les suivîmes.
Ce garçon bouclé ne me plaisait pas. Il semblait avoir d’aussi mauvaises intentions que son odeur. Il y avait des gens qui couraient, des bruits métalliques, une puanteur de plus en plus forte. Je commençais à grogner pour te dire que je ne l’aimais pas, qu’il fallait t’en méfier. Mais tu me caressais, paraissant ne pas comprendre. Je ne l’aimais pas Moïse, je ne l’aimais pas. Toi-aussi, tu aurais dû le haïr...J’avais tellement peur que des tremblements incontrôlables prirent possession de mon corps. On nous fit entrer dans une banga et on m’apporta à boire. Ils rirent, des rires méchants, sournois. Ils aspiraient et recrachaient une épaisse fumée blanchâtre. Ils ont ensuite tendu une de ces choses à Moïse, à mon grand désarroi. Je grognais et gémissais, mais il m’ignorait. Il semblait être parti dans un autre univers, bien loin du mien. C’est dans cet endroit précis, dans cette banga, que je compris que je ne te reverrais plus…
[…] Il fait nuit noire, tout est désert, je continue à hurler, à me débattre, à essayer de le mordre. En vain. Sa poigne est trop forte. Plus il avance, moins il y a de monde, de bruit. Plus je me débats, plus il me serre fort. Je n’arrive plus à sortir aucun son, mon cœur bat à cent à l’heure. Tout d’un coup, il me balance contre un arbre. Je gémis, il s’approche de moi. C’est vrai qu’il est gentil ton chien, Moïse, sort-il. Je ne peux plus bouger, j’ai trop mal, je sens mes côtes en mille morceaux. Il se met à me balancer des coups de pied dans la gueule. Je sens le sang couler sur mon crâne. Moïse, sauve-toi, sors de cette banga. Les coups ne s’arrêtent toujours pas. Pourtant, je ne sens plus rien, je ne vois plus rien.
[…] Bruce m’a tué. J’ai souffert. Mais aujourd’hui, Moïse et moi allons nous venger. Au loin, j’entends les gaumas. Un mourengué se prépare. Mon âme erre autour de Moïse. Il semble déterminé. Le regard vide de son œil vert est haineux, à la fois excité et curieux. Je suis au plus près de Moïse. Il saute à la gorge de Bruce d’un bond fulgurant. Il a changé. Ses réflexes sont ceux d’un animal, un animal sauvage qui attaque une proie. Moïse n’est plus humain. Moïse, c’est moi. Bruce est à terre, une patte sur sa gorge.

Extraits des textes de Laure, Esteban, Lucas (2de 7) de Marine, Line, Marie, Lorie-Anne, Charlotte et Jonas (2de 12) - Dessin de Louis (2de 7).

fleche3Rencontre littéraire

Le vendredi 25 novembre 2016, les élèves ont pu rencontrer Nathacha Appanah, auteur de Tropique de la violence.

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Crédits photo : Dominique Dauriac

Rencontre avec Nathacha Appanah © 25 novembre 2016, Lycée Montesquieu - Bordeauxlogo lycee

fleche3Remise du Prix

Les élèves du lycée Montesquieu impliqués dans le projet ont attribué puis remis le Prix Lycéen de l’Escale du Lire 2017 à Nathacha Appanah le vendredi 31 mars 2017. Nathacha Appanah a également reçu le Prix des lecteurs lors de l’Escale du Livre le dimanche 2 avril 2017.

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Crédits photo : Dominique Dauriac

Remise du Prix Lycéen de l’Escale du Livre à Nathacha Appanah © 31 mars 2017, Escale du Livre - Bordeauxlogo lycee

fleche3BookTubes et lecture théâtralisée

La cérémonie de remise du PLEL 2017 a comporté des lectures théâtralisées et des BookTubes de Tropique de la violence, une présentation des travaux d’élèves réalisés pendant l’année scolaire (blog, carnet de lecteurs, maquettes avec extraits sonores lus par les élèves, panneaux d’exposition, etc.).

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